Partager l'article ! L'Analyse du mythe de Peter Pan...: Derrière le Sourire de Peter Pan Dans l'Ombre ...
Derrière le Sourire de Peter Pan
Dans l'Ombre du personnage
L’histoire de Peter Pan a souvent été réduite à l’image naïve de cet enfant rieur et insouciant, mais au-delà de l’enfant léger, Peter porte
en lui la douleur de l’abandon de sa mère. En effet, la figure de la mère est très importante dans l’œuvre de Barrie. D’une part elle est
sacralisée par Peter. C’est à travers lui que la mère existe dans le monde imaginaire et pour les enfants perdus. C’est lui qui sait ce qu’est une mère, c’est lui qui va chercher Wendy pour
qu’elle « joue » à être la mère des enfants perdus « - Une prise
sensationnelle ! Je vous ramène enfin une mère ! ». Peter doit son
autorité en partie à ce « contrôle » de l’image de la mère à laquelle les enfants perdus se raccrochent.
D’autre part, cette mère est la source de la blessure cachée de Peter. La seule fois où il parle de sa mère, c’est pour avouer aux enfants perdus que la sienne
l’a oublié « il y a longtemps je pensais moi aussi que ma mère laisserait la fenêtre ouverte pour moi. Je restais donc absent pendant des lunes et
des lunes. Mais quand je revins il y avait des barreaux à la fenêtre, car maman m’avait complètement oublié et un autre petit garçon dormait dans mon lit
», fait impensable et horrible pour un enfant ! Dans cette déclaration, on voit très nettement que
« l’enfant Peter » pensait pouvoir mener sa vie égoïstement, sans se préoccuper de sa mère, revenir indéfiniment quand il le souhaitait, et la trouver dévouée à ces côtés. Le fait que
sa mère puisse l’oublier est pour lui une douleur très profonde, une réalité qu’il refuse d’admettre ; d’où la nécessité de se réfugier dans le monde imaginaire et de tisser autour de la
figure de la mère tout un mythe qui remplace la mère manquante.
Le petit Peter a une vision du monde encore centrée sur lui-même, c'est-à-dire qu’il conçoit le monde comme étant là pour satisfaire ses désirs. [Le monde = « ce qui n’est pas moi », est pour un enfant qui ne connaît pas encore grand-chose de la vie vite contenu dans la figure de la mère]. La première évolution (et le premier deuil aussi) pour l’enfant est de comprendre que le monde n’est pas là pour lui, mais qu’il existe en tant que tel, qu’il peut avoir des désirs propres et en contradiction avec les siens. Accepter les désirs de l’autre, c’est arrêter d’avoir une vision du monde centrée sur soi-même et intégrer la réalité de l’autre. C’est cette étape que Peter se refuse à franchir et c’est pour cette raison qu’il préfère la solitude, un monde imaginaire dont il est le héros, plutôt que d’intégrer la réalité et celle de l’autre.
Imaginaire VS Réalité
Qu’est-ce que grandir, après tout, si ce n’est être capable au fur et à mesure des étapes d’admettre une plus grande
quantité de réalité, sans que notre vision ne soit déformée par un imaginaire qui adoucisse ou efface ce que nous avons du mal à accepter ? Dans l’histoire de cet enfant qui ne veut pas
grandir, il y a un refus du monde (car il est contraignant et Peter ne veut penser qu’à lui tout le temps), une vision désabusée de la vie d’adulte (travail, contraintes, sérieux), et une
glorification de l’enfance incarnée par l’imaginaire comme seule voie de la liberté. Or, faut-il voir le fait de grandir comme aliénation et la mort de toute une vie intérieure ? N’est il
pas possible de grandir, avec les autres, tout en nourrissant cette vie intérieure, et sans réduire l’imaginaire au refuge d’un enfant qui a peur de grandir ? C’est ce parti que nous avons
choisi de prendre pour « Dans l’ombre de Peter Pan ».
Un mythe riche et fécond
Autour de cette angoisse - la peur de grandir - de nombreux autres thèmes dans Peter Pan s’articulent comme celui du
temps notamment.
La notion du temps est très floue dans le pays imaginaire. Un temps éternel s’installe, celui de l’enfance (éternelle aussi donc !). L’autre phénomène frappant, est celui de la mémoire. Les
personnages n’ont aucune mémoire. Ce fait, loin d’être anodin, est l’une des clés de voûte de l’œuvre. Quel rôle joue la mémoire dans la construction de l’individu ? Que devient un individu
qui ne se souvient pas ? Il devient incapable d’évoluer et de grandir, il refait sans cesse les mêmes erreurs sans avoir la possibilité d’avancer. C’est également le retour à une certaine
sauvagerie, car sans mémoire tous les pires actes sont possibles. Ceci est très explicite dans le travail de Loisel : quand Clochette par jalousie tue "maman-Rose", tous les personnages sont
d’abord très offusqués de l’attitude de la fée, mais comme ils oublient tout, Clochette refait vite son apparition et obtient le meilleur accueil. L’oubli est aussi la meilleure des protections
contre la souffrance affective et le manque. Il suffit d’oublier les gens qu’on aime pour ne plus souffrir de leur absence.
Nous pourrions parler aussi de la place des sirènes dans l’oeuvre, du rôle des pirates, des fées, des indiens, du crocodile, de l’Opikanoba…
Tous ces personnages renvoient l’individu vers son inconscient mais au-delà de leur intellectualisation c’est par leurs présences et le trouble qu’ils suscitent en nous, qu’ils fascinent. Bref,
l’histoire de Peter Pan est tellement riche que nous pourrions en décliner les différents aspects indéfiniment, mais l’objectif de ces quelques
lignes n’est pas là. Il s’agit de proposer une lecture du mythe qui ne s’arrête pas à l’enfant rieur et léger qu’est Peter Pan pour voir aussi toute la complexité qu’incarne le personnage. C’est
cette complexité justement qui rend cette histoire fascinante, et c’est cette vision de l’œuvre plus profonde et touchante que nous avions envie de partager avec vous.
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Dans l'Ombre de Peter
Pan
Une pièce du Théâtre de Sainte Thérèse
Les Vendredi 23 et Samedi 24 Mai 2008 - 20H30
Amphithéâtre de la Bergerie Nationale - Rambouillet
Préventes à partir du Lundi 3 Mai 2008 aux accueils du Lycée Ste Thérèse,
d'Intermarché et d'Espace Temps (ZAC de la CLAIRIERE / Rambouillet)
Tarifs : Préventes 6 € / Sur Place 7 €
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